Écrire: sortir les mots de soi pour les rendre concrets

Écrire: sortir les mots de soi pour les rendre concrets

Amusant comme des formations continues peuvent venir bousculer notre confort, nos habitudes et dilater nos croyances. Jusqu’à présent, partager qui je suis et ce que je vis n’était pas confortable. Pas que j’en ai honte loin de là, mais avec une éducation très suisse, je me trouve à bousculer la notion de «ne surtout pas sortir de la masse». Les Suisses sont plutôt réservés et ont inclus dès le biberon le fait de ne pas faire de vagues, de ne pas trop se mettre en avant, de se faire discret et de ne surtout pas déranger les voisins… Alors ceux qui me connaissent dans le privé, connaissent mon franc-parler et ce bout de moi qui a besoin de s’exprimer. Mais une éducation laisse des traces, encore plus quand c’est une culture nationale. Cela sous-entend sortir de la masse, sortir de ce qui est socialement permis ou acceptable. Et si sous bien des aspects, cela ne m’a pas trop empêchée de m’exprimer dans le dialogue, cela a freiné grandement mon évolution en tant qu’entrepreneuse. Car si s’exprimer dans la sécurité d’un salaire fixe m’était possible, là, l’enjeu devient différent… Au-delà de ma «suissitude», c’est une problématique qui touche nombre d’entrepreneurs qui vont devoir porter et représenter ce qu’ils créent. Cette pression de dire les bons mots pour atteindre les bonnes personnes, à savoir celles à qui je peux être utile, a soudainement pris le dessus. Cette pression vient principalement de mon envie de justesse et de partage… Et elle me bloque en plein élan.

Nous avons tous nos agents d’auto-contrôle qui nous attendent, tels des douaniers à la limite entre nos pensées et nos paroles.

– Avez-vous quelque chose à déclarer ?
– Heuuu ? Oui ? Je n’ai plus envie de me museler ou de me limiter ?

Les réponses viennent timidement se présenter à ses agents des douanes qui laisseront passer ou non ce qui veut être exprimé. Nos douaniers internes nous renvoient à une simple question :

Ai-je le droit ?

Mais OUI !!!!
Ce droit à s’exprimer, ne peut venir que de soi.

Alors comment nous donner ce droit à l’expression ?

Il faut déjà regarder ce qui nous freine : ce fameux douanier…Ce douanier cherche à protéger votre territoire intérieur. Il va laisser passer ce qui vous semble être juste et stopper ce qui vous semble être dangereux. Et quand nous parlons de danger, il ne s’agit pas de vie ou de mort, dans la majorité des cas, mais de ce qui nous sortira de notre zone de confort et donc de notre sentiment de sécurité.Ce douanier va donc prendre vos croyances limitantes, vos peurs, vos illusions de danger, mais aussi parfois l’alerte d’un danger réel pour vous inviter à vous taire. Et pour propulser sa petite entreprise en quelque chose de viable, ou se propulser dans une carrière qui nous intéresse, il va falloir apprendre à sortir de ce jeu de cache-cache avec soi.

Comment repérer les jeux de l’évitement ?

Un exercice simple serait de parler de votre difficulté à parler de vous à un ami, un collègue, voire un coach dont c’est le métier et de vous enregistrer, juste pour vous entendre formuler cette difficulté. Vous seriez surpris(e) de vous entendre formuler vos croyances et vos peurs. Vous pourriez-même déjà commencer à trouver comment les déconstruire et transformer votre réalité.

Transformer sa réalité

Une réalité se transforme en intégrant de nouvelles données, de nouvelles possibilités et en faisant du nettoyage dans nos croyances limitantes. Pour les croyances limitantes, le jeu sera de demander pourquoi, un peu comme un enfant qui à la fin de chaque explication relance avec un «pourquoi ?».

Ce petit jeu aide à identifier le fond des choses lorsque vous muselez une envie ou un besoin. D’où vient se frein ? Est-ce une peur d’être jugé, rejeté, d’échouer ? Est-ce une peur de vous montrer tel que vous êtes, avec votre vulnérabilité et vos questionnements ? Est-ce une peur d’aller à l’encontre de ce qui vous semble être attendu de vous ? Est-ce une croyance que s’exprimer veut dire s’afficher ? Est-ce que votre notion de l’humilité est tronquée parce qu’en parlant publiquement vous avez l’impression de vous mettre en avant et de mettre votre égo au premier plan? Est-ce que dans votre éducation (de manière globale) on vous a dit qu’il fallait travailler dur pour réussir (ce qui est une croyance très répandue suite à l’ère industrielle et ouvrière) ? Est qu’être une femme ou un homme ne permet pas d’exprimer ceci ou cela ? Est-ce qu’il y aurait d’autres raisons ?

Les options du monde des excuses sont nombreuses, elles sont humaines et il n’y a pas à en avoir honte. Mais vous pourriez ressentir plus de fierté que vous ne le pensez à les dépasser.

Alors qu’est-ce qui me freine dans le fait de partager mon expérience ? En fait, mes propres croyances. Et pour déconstruire ces croyances je commencerai simplement par parler des mes découvertes et de mes moments ou mon ampoule intérieure s’est allumée et le processus qui m’a permis de la mettre en lumière.

Et si cela peut vous être utile alors c’est encore mieux.

 

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Auteure: Christel Mesey
Site: www.christelmesey.com

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